~ CHAPITRE 1 ~ « Que la folie furieuse m'achève, enfin. »... I will be your guardian when all is crumbling, steady your hand. * – Nathan Whitaker ;
1... 2.... 3... 4... 5... 6... 7... 8... 9... 10... 11... 12... 13... 14... 15... 16... 17... 18... 19... 20... 21... 22... 23... 24... 25... 26... 27... 28... 29... 30...
Moi?
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Moi?
Toutes les 30 secondes, quelqu'un meure. Toutes les 30 secondes quelqu'un sur Terre perd la vie... Ca fait réfléchir, non?
Toutes les 30 secondes, j'ai une chance, une infime chance d'être libéré.
Toutes les 30 secondes...
Rouvrant les yeux, un soupire m'échappe. Le front appuyé contre le volant de ma voiture, j'attendais. Quoi qu'attendre ne fut pas vraiment le terme le plus adéquat : Il y a bien longtemps que j'ai cessé d'attendre quoi que ce soit de la vie.
Ma vie n'a toujours été qu'un gouffre sans fond, le noir absolu. Ni étoile, ni lune, ni soleil. Aucune lumière, rien que le néant. Et au milieu du néant, je me contente d'errer comme une âme en peine, blasé et coupé du monde.
Je m'appelle Nathan, Nathan Blake Whitaker.
Whitaker, comme Whitaker&Ross, l'un des cabinets d'avocats les plus réputés du pays. Jake, mon père, a monté ce cabinet avec sa s½ur Wendy, ma tante, et tout deux ont atteint le but qu'ils s'étaient fixés: Être les meilleurs. Au détriment de tout le reste, ils avaient réussit.
Mon père n'avait pas eu autant de chance que ma tante cependant. Ma mère était effectivement partit alors que je n'avais que 4 ans, ne supportant pas d'être reléguée à la seconde place dans les préoccupations de son mari.
Ma tante, elle, avait épousé un ingénieur, et tous deux étaient tellement obsédés par leurs carrières respectives, que chacun comprenait parfaitement l'autre. Mais le résultat fut le même, car comme moi, leurs enfants ont dût grandir sans parents.
Wendy avait deux enfants: Mickeal - qui avait mon age -, et Joy, de deux ans son aînée.
Contrairement aux autres, contrairement au reste du monde, Joy et Mike étaient les seuls à encore compter pour moi. Je crois que l'on peut dire que je les aime, quant bien même je puisse être capable d'aimer.
Je décollai ma tête du volant et me redressai. Mike se tenait négligemment appuyé contre le capot du véhicule, le regard perdu dans le vide et un vague sourire aux lèvres, tandis ce qu'à coté de lui, Joy s'agitait avec véhémence, apparemment inconsciente du peu d'attention que lui portait son frère.
L'excitation de la rentrée.
Tout les 2 ou 3 mois environs, nous changions tous deux de lycée, plus à sa demande qu'à la mienne, puisqu'à mon sens, quelque soit l'endroit, les gens y sont tous les même: Fades et sans intérêt.
Mike, en éternel optimiste qu'il était, pensait qu'un endroit l'attendait quelque part, un endroit où il serait bien, où il serait pleinement heureux. Alors, il cherche, sans se départir de sa conviction profonde.
Joy embrassa Mike sur la joue, m'envoya un baiser et s'en alla de sa démarche gracile, inconsciente des regards des hommes sur son passage. Une fois qu'elle fut hors de mon champ de vison, je me décidai enfin à sortir de la voiture, afin d'aller rejoindre Mickeal. Il m'adressa un sourire rayonnant tout en passant négligemment sa main dans ses cheveux. Geste qui eut pour effet d'accentuer les gloussements hystériques autour de nous, même si lui, à l'instar de Joy, ne semblait pas pleinement conscient de l'effet qu'ils produisaient sur le sexe opposé.
Silencieusement, je le suivis jusqu'à l'accueil. L'endroit était immense et tout était beaucoup trop lumineux, beaucoup trop doré, beaucoup trop tape a l'½il: Le lycée de bourg par excellence.
S'accoudant au comptoir, Mike adressa a la secrétaire un sourire charmeur. Celle ci fut prise d'une telle crise de gloussements que je ne pus m'empêcher de sourire. Même s'il ne remarquait pas l'effet qu'il produisait naturellement sur la gente féminine, Mike savait comment leur faire tourner la tête quant il le voulait.
« Excusez moi de vous déranger, je m'appelle Mickeal, Mickeal Ross, et voici mon cousin, Nathan, nous sommes nouveaux ici et... » Il s'interrompit, soucieux.
« Voulez vous que j'aille vous chercher un verre d'eau? » Demanda-t-il avec sollicitude.
Quant Mike avait ouvert la bouche, la respiration de la secrétaire devint si saccadée qu'elle semblait sur le point de s'étouffer; d'autant que ses gloussements n'avaient pas cessés.
Essayant de se reprendre, elle secoua violemment la tête.
« Bien sur je... Hum, bien... Te, tenez voici tout ce dont vous avez besoin » bégaya difficilement la secrétaire, en tendant un dossier à Mike.
« Merci beaucoup » répondit-il aimablement.
« Mlle Bell, la présidente des élèves devrait arriver d'un moment à l'autre afin de vous faire visiter le lycée elle-même... » Dit-elle d'un ton nettement plus professionnel.
« Après tout vous êtes... » Elle devint rouge pivoine et baissa la tête, avant d'avoir finit sa phrase. Mike revint vers moi, regardant les papiers que lui avait donné la secrétaire.
« Rien d'intéressant » marmonna-t-il.
« J'espère au moins que Mell la Belle présidente est aussi jolie que son nom l'indique. » A peine eut il le temps de finir sa phrase, qu'une jeune femme fit irruption dans la salle.
Avec ses longs cheveux blonds et ses yeux claires, il aurait été facile de lui trouver des airs angéliques si son visage n'avait pas été a ce point emprunt d'une dureté déconcertante. Elle se tourna vers nous, les prunelles inquisitrices, avant qu'elle ne pousse un long soupire résigné.
« Whitaker et Ross? » Lança-t-elle d'une voix glacée.
Mike sursauta. Jamais personne ne nous avait parlé de la sorte. Il semblait intrigué, surpris, par la façon dont laquelle la jeune femme se comportait. Aucun faux semblant, aucune manière mielleuse pour nous amadouer, aucun intérêt, rien que du dédain. Se croyait-elle supérieure à nous?
Je m'en fichais.
« Oui, et vous êtes... Hum... Mlle Bell? » Demandai-je alors.
La petite blond eut un léger rictus avant que son masque de froideur de reprenne place sur son visage.
« Non, elle n'est pas encore arrivée, c'est moi qui vais vous faire visiter » dit-elle d'un ton froid.
« A moins que vous ne vous jugiez digne de n'être vu qu'avec l'élite du lycée? » Sa voix claqua, mais sa phrase sembla soudain l'amuser.
« Ca me va parfaitement, » répliqua Mike, un accent séducteur dans la voix,
« Je pense que l'on gagne au change, personnellement... » Elle ne releva pas et nous fit signe de la suivre. Nous traversâmes le couloir qui menait au hall principal sous les regards curieux des élèves.
« Regardes ! » Me chuchota Mike en me donnant un coup de coude.
Il semblait regarder autour de lui, intrigué. A mon tour, je me résignai à jeter un coup d'½il aux gens qui m'entouraient.
Chacun d'eux nous dévisageait, à la fois surexcités et fascinés. Jusque là, rien d'anormal.
Cependant, ce fut la façon dont ils regardaient la jeune femme en face de nous qui semblait préoccuper Mike.
Leurs regards étaient fuyant lorsqu'ils se posaient sur elle, comme s'ils avaient peur d'être écorché vif s'ils leur venaient l'idée de la regarder avec trop d'ardeur. Notre guide semblait crainte dans ce lycée, respectée, et par dessus tout, admirée.
Encore une gosse de riche, jeune première imbue d'elle même, au père immensément fortuné et à la mère immensément belle. Ridicule.
Elle s'arrêta au milieu de hall et se tourna vers nous.
« Là-bas, vous avez l'ail nord. Par là-bas, l'ail Est » nous expliqua-t-elle en nous indiquant chaque direction d'une signe de main.
« Le deuxième étage de l'ail Ouest est réservé aux professeurs. Les dortoirs des internes sont dans l'ail Sud. Derrière ce bâtiments, vous trouverez les labos de sciences et le gymnase. Bonne journée. » Puis, sans attendre une seconde, elle tourna des talons et s'éloigna, nous laissant seuls.
La matinée passa avec une lenteur déconcertante, d'autant que Mike n'avait eut de cesse de parler de notre guide.
Après avoir questionner les élèves de notre cours de science, il avait appris qu'elle s'appelait Harmony et qu'elle était, tout comme nous, en terminale - du moins, c'est tout ce que j'avais retenue de la biographie qu'avait déblatéré Mike durant l'heure d'espagnol.
Tandis ce que nous nous rendions à la cafétéria, à présent entouré d'une horde ''d'amis'' nouveaux que c'était fait Mike durant la matinée, je m'esquivai discrètement.
Les couloirs étaient déserts, le silence me fit du bien. D'autant que je n'avais aucune envie de rejoindre Mickeal à la cafétéria, surtout pas aujourd'hui. Dans chaque lycée, le rituel était le même: A chaque fois, nous étions chaleureusement conviés à la table des pseudo super stars du lycée. Tous des fils et filles de, désespérément pitoyables et d'une superficialité navrante. La joie d'être né riche.
Perdu dans mes pensées, je heurtai violemment quelqu'un. Baissant les yeux, je vis une jeune femme affalée sur le sol, apparemment tombée à la renverse. Je lui tendis la main pour l'aider à se relever, sans pour autant la regarder vraiment, ne pouvant décemment pas la laisser ainsi, par terre, dans un couloir désert. En général, je me contentais de regarder sans voir ceux qui m'entouraient. Je m'apprêtais alors à me détacher d'elle lorsque je croisai son regard.
Elle m'avais sourit, et ses yeux perçants avaient accrochés mon regard, sans que je le veuille réellement. La beauté de ses traits fins, l'éclat de son sourire, tout en elle me fit frissonner, jusqu'à l'étonnante souffrance qui habitait ses yeux. Elle retira sa main de la mienne, et s'en alla, sans un regard supplémentaire, sans rien.
Je dus rester un long moment debout ainsi, l'esprit embrouillé et les membres atrophiés, car c'est la voix de Mike qui me sortit de ma torpeur.
« Nate, Nate?! » Me héla-t-il alors.
Lentement, je tourna la tête vers lui et m'aperçus que le couloir était a présent bondé.
« T'as pas cours? » Me demanda alors Mike, à présent à ma hauteur.
« Je... Si, j'y vais. » Puis sans un mot de plus, je m'éloignai. J'avais littérature, il me semble. Je m'apprêtai à m'arrêter vérifier mon emploie du temps lorsque je
la revis, la jeune femme que j'avais bousculé.
Elle était à présent dans les bras d'un jeune homme: son petit ami, vu la façon dont il la regardait.
Une bande de lycéens étaient attroupés autour d'eux, essayant d'attirer l'attention du couple.
Je ne pus m'empêcher d'exploser de rire: Elle devait être LA star de ce lycée, sans conteste. Inintéressante, comme toutes les autres, comme tous les autres. Son regard se posa sur moi quelques secondes, et je remarquai avec surprise que la tristesse qui hantait son regard ne l'avait pas quitté.
S'était-elle cassé un ongle?
Esquissant un sourire, je continuai mon chemin en direction de ma salle de cours, à présent persuadé d'avoir littérature, maintenant que mon esprit avait retrouvé toute sa logique.
J'entrai dans la salle et allai m'installer à la table que le professeur m'avait indiqué, sans un regard pour mes camarades. Posant mon sac sur la table, je me couchai dessus sans même prendre la peine de sortir mes affaires. Fermant les yeux, j'écoutai les murmures autour de moi. Tous ne semblaient avoir qu'un seul sujet de conversation: Moi.
Original et absolument passionnant.
Le cours commença, mais les murmures ne cessèrent pas, ce que le professeur ne semblait pas y prêter attention. J'entendis frapper à la porte, et quelqu'un entra, avant même d'en avoir eu l'autorisation.
« Heureux que vous nous fassiez l'honneur de votre présence Mlle Bell » lança le professeur, acide.
L'idée de relever la tête et d'ouvrir les yeux pour assister à la scène m'effleura l'esprit, mais je me ravisai. Dans cinq secondes, le professeur l'éjectera de cours.
Mais, contre toutes attentes, je l'entendis aller s'asseoir -juste devant moi- sans que le professeur ne dise quoi que ce soit.
Un sourire blasé se dessina sur mon visage tandis ce que les paroles de la secrétaire me revinrent en mémoire: Mlle Bell, présente des élèves. Évidement, une personne à ne pas contrarier. Si elle avait été élue, l'argent de ses parents y étaient sûrement pour quelque chose, sûrement plus qu'un quelconque talent oratoire. Toujours le même cinéma, quelque soit l'endroit. Toujours les même gens, toujours.
Le reste de l'heure se passa dans le calme et je n'eus à me relever que lorsque la sonnerie indiqua la fin du cours.
Lentement, je me leva et sortit de cours, me dirigeant vers le parking, ignorant toutes les personnes,faussement familières, qui cherchèrent à m'adresser la parole en chemin.
Arrivée devant ma voiture, je repoussai le plus poliment possible les avances d'une petite brune qui semblait m'attendre et m'engouffrai dans l'habitacle, attendant Mike avant de rentrer.
Une nouvelle journée venait de finir, une journée comme les autres: Futile et ennuyeuse.
J'essayai de m'en convaincre tandis ce que Mike entrait dans la voiture et que je démarrai - manquant d'écraser quelques élèves au passage. Je devais pourtant admettre que quelque chose avait rendu cette journée différente de toute les autres.
Je m'étais intéressé à quelqu'un,
elle.
Signe de folie apparente, je devenais fou, sans aucun doute.
Une seule pensée me vint alors à l'esprit: Que la folie furieuse m'achève, enfin.
– Nathan Whitaker [ Tom Sturridge ]
– Mickeal Ross [ Garrett Hedlund ]
– Joy Ross [ Keira Knightley ]
– Harmony MacCole [ Alexz Johnson ]